Marchés émergents — Arts de la table : Inde, Corée

Là où votre savoir-faire n'a pas encore de nom

Inde, Corée du Sud, Émirats arabes unis, Canada, Australie : des acheteurs professionnels cherchent aujourd'hui des pièces françaises qu'ils ne parviennent pas à identifier. Maison Voisine fait le lien.

Accord UE-Inde

Le marché s'ouvre en 2027, les positions se prennent en 2026

Ce que l'accord conclu le 27 janvier 2026 change — et ce qu'il ne change pas — pour les manufactures françaises d'arts de la table

Un accord commercial dont la céramique fait explicitement partie

L'Union européenne et l'Inde ont conclu leurs négociations le 27 janvier 2026. L'Inde supprime ou réduit 86% de ses lignes tarifaires, et la céramique figure nommément parmi les produits industriels sur lesquels elle abandonne ses droits élevés. L'accord comporte également un chapitre de protection de la propriété intellectuelle — marques, dessins et modèles.

Le calendrier laisse exactement le temps de se préparer

Conclure n'est pas appliquer. Révision juridique, signature, consentement du Parlement européen : l'application est attendue au deuxième trimestre 2027. Or sélectionner un distributeur, le qualifier et installer une relation demande douze à dix-huit mois. Les maisons qui commencent aujourd'hui seront en place le jour où l'accord s'applique. Les autres commenceront ce jour-là, en même temps que tout le monde.

L'écart de prix n'a jamais été l'obstacle qu'on imagine

Une pièce d'atelier vendue 192 € en France se situe aujourd'hui autour de 258 € en Inde, soit un tiers d'écart — l'ordre de grandeur que le secteur du luxe applique entre l'Europe et l'Asie depuis vingt ans. Après l'accord, cet écart tombe à environ un dixième. Ce qui arrête réellement les marchandises n'est pas fiscal : c'est réglementaire, et cela se traite en amont.

Un segment sans présence française installée

Les échanges France-Inde ont atteint 15,8 milliards d'euros en 2025. Les arts de la table, la céramique et la décoration n'apparaissent dans aucun poste identifiable. Aucune maison française n'y a donc imposé de prix de référence ni de discours dominant. Pour un acheteur indien, une manufacture française est une nouveauté dans sa gamme. Pour vous, c'est une position à construire plutôt qu'à disputer.

Le marché indien du haut de gamme se structure vite. Les grandes maisons de décoration de Mumbai, Delhi et Kolkata ouvrent des espaces entiers dédiés à l'art de la table, à la lumière et à l'objet décoratif — et y font entrer des marques européennes une par une.

Les droits d'entrée y sont élevés. Conséquence directe : le milieu de gamme n'y est pas viable, seules les pièces à forte valeur unitaire trouvent leur place. Autrement dit, ce marché ne s'adresse pas à tout le monde. Il s'adresse à des ateliers dont la pièce vaut son transport.

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Corée du Sud : 
la note de marché, à lire ou à écouter

Un accord de libre-échange en vigueur depuis 2011, une TVA à 10 %, et une formalité douanière française gratuite qui décide de tout. Sources administratives citées, hypothèses de calcul explicites.

La note complète

Sept sections sur le marché coréen des arts de la table : régime douanier réel sous l'accord UE-Corée, conditions d'origine préférentielle, TVA et sa récupérabilité, obligations sanitaires pour les articles en contact alimentaire, étiquetage, distribution, et la tradition céramique coréenne traitée sans complaisance. Le calcul de l'écart de prix public entre la France et la Corée y est détaillé, hypothèse par hypothèse, y compris celles qui ne sont pas vérifiées. Toutes les sources sont administratives et liées en fin de document.

L'épisode, quinze minutes

La même note, en conversation. Le fil : une pièce à 80 € prix départ atelier coûte au détail environ 5,7 % de plus à Séoul qu'à Paris — contre environ 34 % en Inde. Non parce que la Corée serait un marché facile, mais parce que les droits de douane y sont nuls et la TVA deux fois plus légère qu'en France. L'épisode reprend ensuite ce qui bloque réellement l'accès au marché, et qui n'a rien de coréen.

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